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Critique : Transformers: Age of Extinction, un feu d’artifice bien fade

En ces environs de 14 juillet, les feux d’artifices éclairent les ciels nocturnes, illuminent les yeux des enfants et donnent  de quoi retomber en innocence aux grands. C’est un peu le même principe que Transformers: Age of Exctinction essaie d’appliquer. Quatrième volet d’une série, faut-il le rappeler, issue de jouets pour enfants, toujours menée par son pétaradeur en chef Michael Bay, le doute peut être raisonnable quand à la réussite de l’objectif.

Que peut donc bien raconter Michael Bay, déjà réalisateur des trois premiers Transformers, dans ce quatrième opus ? Pas grand chose, puisque coincé entre la facilité scénaristique et la réelle difficulté à faire se dégager une énième morale marshmallow de combats titanesques. Le réalisateur aux milliers d’explosions n’a plus l’embarras du choix.

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De tout nouveaux jouets

Pour s’élargir un peu le champ des possibles, exit donc le casting des trois premiers opus. Clap de fin au controversé Shia LaBeouf, à Kevin Dunn et à Megan Fox. Place à Mark Wahlberg, au four et au moulin depuis quelques années, entre gros nanars (ici présent) et vraies bonnes surprises (Ted2 Guns…). C’est d’ailleurs lors de No Pain No Gain, qui fait aisément partie des excellentes surprises de l’année dernière, que l’ancien membre du groupe hip-hop « Marky Mark & the Funky Bunch » (eeeeeh, oui) s’était révélé à Michael Bay, déjà metteur en scène d’un projet qui lui tenait à cœur. 

 

En réalité, les vieux de la vieilles de ce Transformers: Age of Extinction sont… les transformers eux-mêmes. Où l’on retrouve l’inévitable Optimus Prime, débarrassé de son plus vieil ennemi Megatron mais toujours entouré de ses potes mi-machines, mi-moteurs dont la sagesse trouve très souvent ses limites dans une bonne pêche en Inox dans le buffet. En l’occurrence, elles seront justifiées par une diabolique conspiration entre gouvernement américain traître et aliens emplis de l’étincelle éternellement antagoniste de la domination de la planète Terre. Rien de bien nouveau.

‘MURICA !

Va donc se lier, en parallèle du sauvetage de la Terre entamé par Optimus Prime, une complicité vue et revue avec Cade, le mécanicien-inventeur-père immature-papa poule joué par Wahlberg. En arrière-plan, ses liens avec sa fille (Nicola Peltz) et son copain surprise (Jack Reynor) sont d’une superficialité rare, autant dans les dialogues quand dans les jeux d’acteur – peut-on réellement parler de « direction » à ce niveau ? Stanley Tucci patauge dans son personnage lourdingue de Joshua, patron ultra-libéral aux attitudes ultra-grotesques dont les gesticulations sont surtout destinées à faire rire sans vraiment savoir pourquoi les enfants de moins de 8 ans. Seul Kelsey Grammer apporte un brin de sérieux et de constance en tant que politicien véreux, vendu et vindicatif, mais c’est déjà trop tard.

Ce Transformers tente tant bien que mal de se rapprocher du patriotisme au troisième degré que Die Hard 4 et plus récemment, la série des Iron Man essaient d’insuffler à des personnages typés USA. En partie pour séduire le public européen et mondial, mais aussi pour apporter un vent de fraîcheur à des héros unilatéraux. Le problème, c’est que les 2h45 de Michael Bay essaient de contenter tout le monde, sans jamais véritablement accrocher personne. On suit alors des défilés de combats aux proportions gigantesques avec comme vague ligne de flottaison la tentative de ne pas faire sombrer notre belle et bleue planète sous les mains des vilains robots de l’espace. Oui, tout enfant ayant eu entre les mains trois figurines a déjà sorti ce scénario de sa petite caboche.

L’histoire de Transformers: Age of Extinction aurait été belle si, à l’instar d’un Lego: The Movie, elle avait su se nourrir de nos fantasmes et de nos délires d’enfants pour en faire une transposition clin d’œil sur grand écran. Nous étions en droit d’espérer que le quatrième film d’un volet pourtant déjà bien bourrin sur ses précédents opus nous accorde cette fraîcheur. C’est absolument raté. On en ressort avec une belle migraine, visuelle comme intellectuelle, et la fâcheuse impression que la série n’est pas prête de s’arrêter. Si la vérité sort toujours de la bouche des enfants, certaines histoires devraient se contenter d’y rester.

Robin Souriau

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