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[Interview] On était à la première présentation de FIFA 15

Chaque année, à peine l’opus sorti et apprécié des joueurs, Electronic Arts réfléchit déjà à résoudre l’impossible équation de chaque FIFA : comment révolutionner une formule qui marche ? Hypesoul vous propose quelques éléments de réponse avec notre ressenti sur la première présentation de FIFA 15, ainsi qu’une interview exclusive du producteur exécutif du jeu, Sebastian Enrique.

Attention : la version proposée et testée par nos soins reste encore en développement, et présente donc quelques défauts légitimes. Cette version étant une démonstration, certains des éléments ci-dessous sont amenés à changer.

FIFA 14 était donc le premier jeu de football à exploiter les vertus des consoles next-gen dès leur sortie en fin d’année dernière. Problème, entre manque de temps et peut-être manque de communication, si la direction était clairement au progrès sur PlayStation 4 et Xbox One, la claque avait de quoi être relative. Contenu supprimé, perfections à rajouter ça et là, il y avait de quoi pour les plus teigneux d’entre nous bouder notre plaisir. Un petit caprice de riche, disons-le franchement, mais auquel Electronic Arts a dû faire face pendant un an. La firme américaine n’étant déjà pas la mieux perçue parmi les grands éditeurs de jeux vidéo, l’écho était démultiplié.

L’émotion dépasse la motion

Alors que comme chaque année, les attentes sont placées du côté des graphismes, du gameplay et autres intelligences artificielles, la principale vertue présentée par les producteurs du jeu se place du côté… de l’émotion. Plus précisément, d’une compréhension presque sentimentale du jeu, non pas pour les joueurs eux-mêmes mais plutôt du côté des animations des joueurs. En clair, une passe ratée résulte en ce que vos chers coéquipiers vous encourageront à repartir de plus belle, mais si vous vous la jouez Jérémy Morel et que vous multipliez les approximations techniques pendant 90 minutes, gare à l’ire de vos camarades.

Un ajout un peu trop appuyé par les discours et qui prête à sourire, surtout que les différentes réactions n’ont aucune influence sur la qualité technique des joueurs et que finalement, on ne prête guère attention à ces petites simagrées. Dommage, surtout face à l’application presque mathématique des développeurs pour une fonctionnalité encore trop invisible. Plus plaisant mais tout aussi gadget, certains clubs ont désormais une modélisation particulière de leurs chants de supporters. Nous retrouvons avec joie le mur jaune du Borussia Dortmund, le You’ll Never Walk Alone de Liverpool ou les chants passionnés de Boca Junior. Pour l’heure, le nombre exact de clubs avec cette fonctionnalité reste inconnu.

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Bye bye old-gen

Là où NBA 2K14 avait été particulièrement audacieux et réussi, c’est qu’il avait réuni avec succès ambiance de rigueur et graphismes à la hauteur. Pour le premier, des dispositions ont été prises et il reste à constater si elles seront améliorées ou non. Pour le second, les développeurs ont fort heureusement réussi à gommer cette sensation de portage presque copié/collé entre old-gen et next-gen vers un rendu plus vivant et plus contrasté. Plus besoin de jouer de nuit pour profiter d’éclairages naturels et qui mettent en valeur les joueurs comme il se doit.

Les 22 acteurs du terrain ont également été soumis à une refonte de squelette, vers un aspect un peu plus costaud qui fait sacrément effet en vue lointaine lors des phases de jeu mais qui semble un tantinet carré de près, sur ralentis ou cinématiques. Il faut dire aussi qu’entre le Real de Cristiano Ronaldo et le PSG de Cavani et Ibrahimovic servis sur cette première démo, nous n’avions pas à nos commandes les plus frêles joueurs mondiaux.

Pour, enfin, ne plus confondre vitesse et précipitation

Nous aurions reproché une simple refonte plastique à ce FIFA 15. Evidemment, il est assez facile de partir au front contre un énième FIFA en lui reprochant de ne rien changer à son modus operandi des années précédentes. Pourtant, même avec toute la mauvaise foi du monde, force est de reconnaître au jeu qu’une fois le match lancé, la sensation de jeu est encore un cran au-dessus.

Côté gameplay, pas de grande révolution mais un changement de tempo. S’il n’a pas été question de l’optimisation du moteur de jeu de tête modifié l’année dernière et encore perfectible, la physique de balle a droit à son lifting. Celle-ci est bien plus naturelle et constante entre toutes les prises de balle et n’est plus hachée entre les contrôles comme ce fut malheureusement le cas jusqu’alors. Un réel apport pour les redoublements de passe courtes, mais aussi pour des touches de balle bien moins téléguidées qu’auparavant.

La conséquence en est un jeu encore ralenti, qui déplaira sûrement à certains mais qui correspond tout à fait au tampon « simulation » que s’est toujours empressé de brandir EA Sports sur son poulain. Côté défensif, cette sale impression de courir après les attaquants adverses disparaît au profit d’une vraie sensation de duels. Une très bonne nouvelle pour les joueurs les plus rugueux et qui empêche les contre-attaques un peu trop faciles dans la profondeur.

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Le diable n’est plus dans les détails

Puisqu’il faut les citer, les phases de jeu fourmillent de petites nouveautés. En vrac, le poteau de corner arrête désormais véritablement le ballon, les poteaux et transversales se plient aux frappes les plus lourdes, de nouvelles animations de shoots et de gestes défensifs ont été introduites, toujours un peu moins stéréotypées, donc toujours un peu plus réelles. Malheureusement, pas plus d’informations sur Ultimate Team n’ont été révélées, ni sur les modes solo du jeu, si ce n’est que l’IA serait plus « humaine ». Un terme subjectif pour une promesse qui l’a souvent été. Enfin, le terrain sera impacté par les différentes marques de tacles et de crampons. Inutile ? Non, indispensable.

Evidemment, il faut pinailler et avoir rodé un minimum les anciens opus pour vraiment noter la différence. Il n’empêche que malgré un avancement encore tout relatif du développement, la recette sent bon du côté d’Electronic Arts. Non, nous n’inventons rien en avançant que FIFA 15 sera une belle réussite à sa sortie. Nous ne prenons pas de risques non plus. Il n’empêche que, malgré le peu de temps passé entre nos mains, nous avons déjà l’étrange sensation qu’encore une fois, le précédent opus va vite devenir obsolète. Surtout, que FIFA 15 va, avec un an de retard certes, devenir enfin le jeu de simulation next-gen indiscutable que tout le monde attend.

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Interview exclusive de Sebastian Enrique, producteur exécutif du jeu

Robin Souriau