Création Originale

PIZZA HUT

2001. Après mon expérience à L’Hôpital Nord Parisien de Sarcelles, j’enchaîne un autre taff. Un gars à moi m’aiguille sur Pizza Hut. Putain !

Ado j’m’étais juré de ne pas user mon dos au Mc Do, Quick et consors ! Me v’la à postuler comme pizzaiolo ! J‘ai de la chance, 2 choix s’offrent à moi. Pilote ou vendeur sur place. J’ai quelques heures pour y réfléchir. J’suis un mauvais pilote depuis l’enfance donc autant pas tenter l’diable. J’serai vendeur ! Le meilleur ! j’le jure ! Au bout de quelques semaines, j’me rends compte qu’en fait c’est le même taff que brancardier. Travail à la chaîne ! Les nouvelles usines. Encore de l’huile pour la friture. Les managers sont des macros de bas étages. Tu tapines tant que t’es sur le bitume. Mon souci est que je n’ai pas le démarrage de Ben Jonhson mais plutôt de Titi la tortue.

pizzaiolo

Quand j’suis sur la piste de danse pour me stopper c’est pas si simple.

J’commence mes chinoiseries. Je ne viens plus tout l’temps. J’accumule les retards. Le manager principal est une femme. Une grande asperge plutôt sympa. Mais c’est toujours pareil, on montre sa véritable tronche quand s’ramènent les embrouilles ! Le jour où j’me pointe. J’suis au four et au moulin. J’me transforme en torchon et en serviette. Cette garce dépasse ma limite. J’suis trop lent à son goût. C’est le début des menaces verbales puis des insultes. J’souris. J’ai un regard de vicelard. ça l’a fait flipper. Elle se barre dans son bureau.  Mon départ est planifié ! Je sais quand ya beaucoup de clients. Les heures, les jours etc. Des collègues viennent me voir. En gros savoir si je vais bien.  Ils me trouvent tout sourire. Le Joker n’a qu’à bien se tenir. Une semaine passe. la boss, me lèche presque l’oignon. C’est jouissif ! J’me pointe jusqu’au jeudi soir et on s’donne tous rdv le lendemain. Vendredi. J’sors des cours et j’bouge chez Grand B. Il est 19h, le fone sonne. c’est Pizza hut. Je souris en me matant un film. J’ai reçu pas loin de 15 messages. Pas de réponses ! Dans ma caboche je traitais leurs mères. J’n’ai plus jamais présenté le bout de mon nez là-bas. Prostitué oui, mais avec un peu de dignité merde ! On ne sait jamais à qui on a à faire…

Kévy Shako / leschroniquesdugouffre.com

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