Sorti le 25 Septembre dernier, Elzhi sort son troisième album Seven Times Down, Eight Times Up. Projet déjà compté parmi les meilleurs de l’année 2020.

La nouvelle garde de Detroit

On ne peut pas parler de Detroit sans parler d’Eminem. Inutile de le nier, Slim Shady est celui qui a mit la lumière sur Detroit dans le rap game. Ramenant avec lui une tripotée de rappeurs de la région plus ou moins talentueux, à savoir son groupe D-12 et Obie Trice. Pendant que le rappeur de 8 Mile trustait la tête des charts internationaux, la scène locale de D-Town grandissait petit à petit dans son ombre.

Elzhi fait partie de cette scène locale. Celle qui a vu naitre bon nombre de MC talentueux dans la région comme Black Milk, Guilty Simpson, Phat Kat ou encore One Be Lo. Il rejoint le groupe Slum Village courant 2001, suite au départ de Jay Dilla. Il lance ensuite sa carrière solo en 2008 avec son premier album The Preface, entièrement produit par Black Milk. L’apogée de sa carrière arrive en 2011 lorsqu’il publie sa mixtape Elmatic. Il s’associe avec DJ Ill Will et rappe sur les instrus de l’album mythique Illmatic de Nas.

Sorti le même jour que les nouveaux projets d’Asap Ferg (Floor Seats II) ; Machine Gun Kelly (Tickets to my Downfall) ou encore Uccupational Hazard de Mozzy, Seven Times Down, Eight Times Up, le troisième opus solo d’Elzhi passe presque inaperçu. Pourtant, on tient là sûrement l’un des meilleurs projets de l’année 2020.

I was in the haunted house plotting on a mansion with a ghost in it, Thinking ‘bout the paper like the daily news, With a story about a dead man trying to buy his newborn baby shoes.

Elzhi – Jason

Flotte mais jamais ne sombre

Ce nouvel opus est entièrement produit par JR Swiftz, un proche du trio de Buffalo dans l’état de New York, Benny The Butcher, Conway The Machine et Westside Gunn. JR réussi à sublimer le flow du rappeur de Detroit sur chaque morceau. Le premier album d’Elzhi, The Preface, entièrement produit par Black Milk, ne m’avait pas marqué plus que ça, entre autres à cause de la palette limitée de Milk.

A côté de ça, et ce, après 22 ans de carrière, Elzhi garde une plume très affutée. Entre différents exercices lyricaux de haute volée sur Smoke & Mirrors et EarlyBird Night Owl, où le rappeur recasse son passé et les épreuves traversées afin d’atteindre son statut d’aujourd’hui, El’z n’hésite pas à interpeller ses auditeurs sur les travers de notre monde. Sur THUGGed Out Zombies et G.O.D., des morceaux beaucoup plus sombres, le Détroitien expose toutes les corruptions de notre société.  

I’m still tighter than the claustrophobic and mash pit and bad to the bones, it’s the skeletons in your closet

Elzhi – EarlyBird Night Owl

Sur le superbe Light One, Write One, il en profite pour mettre un petit taquet à la nouvelle génération. Affirmant qu’ils se ressemblent tous et rappent sur la même chose encore et encore (sujet de prédilection des rappeurs indé de plus de 40 ans généralement), mais il le fait avec style :

I make your boys an example, my name causes noise in the chapel, putting snakes back into poisonous apples.

Elzhi – Light One, Write One

Detroit’s Finest

Il se permet d’apporter un peu de douceur et de sentiments sur le storytelling Ferndale. Elzhi y raconte une de ses histoires d’amour qui l’a profondément marqué. Enfin, on terminera en apothéose cet album avec le single Jason, ode au serial killer des films Vendredi 13.

Enfant de Detroit, le seul défaut qu’on pourrait donner à ce projet est la ressemblance de son flow à celui de Royce Da 5’9’, autre poids lourd de D-Town. Sortie en indépendant, ce Seven Times Down, Eight Times Up sera sûrement mon album de l’année 2020. Flow millimétré, productions léchées et taillées à la perfection, Elzhi fait clairement parti de l’élite de Detroit.

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