HYPESOUL
À l’occasion de la sortie de son EP « Quelques gouttes de plus », nous nous sommes entretenus avec Calbo au cours d’un entretien. Cependant, quelques mois avant cela, il a publié son premier livre dans lequel il y fait l’autobiographie de sa carrière musicale. « Avec le temps, les souvenirs s’en vont et si tu ne racontes pas ton histoire, quelqu’un s’en chargera pour toi ». 

Le lien qu’il y a entre son livre et son EP qui portent le même nom est simple : il parle, dans cet ouvrage, de certains morceaux qu’il a écrits et qui ne sont jamais sortis, on les retrouve donc dans l’EP.

Au cours de cette entrevue, nous sommes revenus avec Calbo sur les points clés de sa carrière. Il nous a parlé des fameux débuts d’ärsenik avec le secteur ä, les compilations (« L432 », « Hostile », « L’art d’utiliser son savoir », etc.), le premier album « Quelques Gouttes Suffisent » …

Une séance en studio qui m’a le plus marqué, dans l’ensemble de ma carrière.
« Alors j’en ai eu beaucoup mais je pense que celle avec RZA était incroyable. Parce que RZA, le chef du Wu-Tang Clan ! Donc ça pour nous déjà, fans du Wu-Tang. Tu vois RZA arriver au studio avec son camion, avec tout son matos. En plus lui c’est un gars qui faisait du son il produisait, il mixait, il faisait tout. Bon Kenzy je ne sais pas quelle magie il a fait pour emmener le gars en studio. Et là, on a vraiment fait un feat comme si on faisait un feat avec un gars à nous.
On est là dans le studio on dit : Bon, on fait quoi man ? ». Et lui il dit : « vas-y on va parler chacun de nos quartiers. « Vous vous êtes d’où ? ». On dit « Sixième Chaudron ». Et lui aussi « Shaolin », ok. Donc on avait ça, lui après il a dit « ärsenik, secteur ä, Calbo, Lino, C.A.L.B.O, … ». Et puis il notait « comment on dit les salopes ici ? ». Alors nous on a dit « les tasses ». « Bonjour to ma tasse » (rires). Donc il notait, comme ça et c’était incroyable ! Il a fait plus qu’il devait en faire. »

Il y a également le Bisso na Bisso ! Bien sûr cette rencontre avec Nelson Mandela aux Kora Awards en Afrique du Sud mais surtout cette tournée en Afrique chargée d’émotions entre bazar à l’hôtel et amour du peuple.

L’esprit de compétition qui régnait au sein de Bisso.
« Quand vous êtes huit-neuf sur scène, vous êtes un groupe mais dans les groupes il y a toujours de la compétition, tu vois. Et moi, mon truc c’était quand j’arrivais dans un bled, je me baladais dans la ville et je demandais aux gens : « C’est quoi la chanson du pays ? » Et j’étais parti à la Réunion. Ils m’ont dit : « Petite fleur fanée ». Et le mec commence à me chanter … Je dis : « Ah ok d’accord », et à chaque fois je demandais aux gens, Et ils me disaient :  « tout le monde connait Petite fleur fanée ». Donc moi, j’ai appris la chanson, je l’ai gardée pour moi. 
Et au moment du concert avec Bisso, moi je coupe toujours le truc. Et à un moment je dis au public : « Et si je vous dis … » Je commence à chantonner. Et là tu vois toute la foule qui chante à l’unisson. Et les gars me regardaient comme ça « Enfoiré … D’où t’as sorti ça ? » (rires). »

Et puis il y a sa vie actuelle. Son EP « Quelques gouttes de plus », Lora Yeniche, les cours d’écritures à Fresnes, un potentiel 3ème album d’ärsenik …

Les morceaux de cet EP sont hyper actuels, et pourtant les deux seuls qui sont récents sont « Deuxième round » et « J’écris ».
« J’écris », c’est le morceau le plus actuel. Je voulais annoncer mon EP avec un morceau, du Calbo d’aujourd’hui. Le Calbo d’aujourd’hui c’est un mec qui fait du rap non sans prendre position, qui veut ce rap comme il est, il y a beaucoup de choses qui sont passées dans la société, le Covid … Donc je voulais le dire dans les morceaux aussi. En fait, j’ai fait le morceau « J’écris » comme si je me disais si je devais faire un dernier morceau de rap, comment il serait ? Et bah il serait comme ce morceau ». J’ai fait le « J’écris » avec mon frère Lino aussi, c’est une surprise qui va arriver…
Et « Deuxième Round avec Lora pourquoi ? Parce qu’à la fin de mon livre, je parle de Lora et donc je la présente et je voulais la présenter dans l’EP aussi en disant « voilà, nous on fait pas de la drill, on fait pas de la trap. Nous on boxe avec les mots ». Ça définissait bien le rap d’ärsenik. »

L’interview complète est disponible sur YouTube :

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