SoundCloud est un vivier de talents où on peut voir de nombreux artistes aux styles musicaux novateurs émergés. Jäde fait partie de cette nouvelle scène très prometteuse ! Sa légèreté musicale mêlant la Trap et le RnB l’a propulsée sur le devant de la scène underground française. Dans cet entretien, on vous propose de découvrir son univers.

Peux tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

On peut dire que je suis une chanteuse RnB qui fait également un peu de Trap. Je suis d’origine Lyonnaise et j’ai commencé la musique lorsque j’étais jeune. Depuis que je suis arrivée à Paris il y a quatre ans, je me suis lancée sur internet puis tout s’est enchainé. J’ai sorti mes premiers EPs, j’ai commencé à faire des concerts, et aujourd’hui je finalise mon nouveau projet pour l’hiver prochain.

Tu fais partie de ces jeunes artistes qui montent petit à petit en France. Je t’ai découvert grâce au média “1863” et j’ai tout de suite accroché à ton délire plutôt différent. C’est important pour toi d’innover ? 

Je n’étudie pas vraiment le marché, ma musique vient naturellement. Je ne me rend pas compte de la différence de ma musique par rapport aux autres sauf peut-être sur le thème de l’écriture. Le reste c’est que de la vibe.

Tu viens de collaborer avec Bakari, un jeune artiste belge très talentueux. Tu a déjà collaboré avec d’autres artistes tels que Nelick ou Lala & Ce. Comment se font faites toutes ces connexions ?

Ce sont souvent des gens de mon entourage comme par exemple Lala & Ce. ou Gouap qui sont lyonnais comme moi. Pour Nelick c’est une connexion plus classique. Elle s’est faite par le biais du management ce qui a mener à notre collaboration. Pour Bakari c’est moi qui ait pris les devants en lui envoyant un message sur Instagram. Je kiffais vraiment son délire et il accepté de suite notre featuring.

En écoutant tes projets on découvre une flambée de styles musicaux différents. Si tu pouvais définir ton style ce serait de quelle façon ?

C’est une question un peu difficile quand on constate à quel point la musique part dans tous les sens de nos jours. La versatilité est en effet très présente dans le rap. Je dirais que je suis une artiste RnB mais aux influences diverses tels que le rap ou la variété française. J’aime me tourner vers plusieurs délires et je pense ne pas pouvoir choisir un style propre à moi-même. Je ne peux pas faire un projet uniquement trap ou uniquement RnB, j’ai besoin de cette mixité de styles pour exprimer mes divers personnalités. Je ne serais pas honnête sinon.

Le morceau “Diddy”, avant bouche de ton prochain projet est pour moi un son de grande qualité par son alliance Rnb-trap. Sur le deuxième couplet tu parles de tes influences des années 90. Quels ont été les artistes qui t’ont marqué ?

Aucun (rires). En réalité je ne me suis jamais vraiment intéressée aux classiques des années 90, ce que je compte faire prochainement. Dans cette phase je parle plus d’une personnalité liée à cette période. C’est une époque qui me correspond plus en termes de vêtements, de corpulences féminismes et de musique. J’écris beaucoup sur l’amour et je pense que le RnB des années 90 représente parfaitement ma façon d’écrire qui est très orientée sur le sentimental.

Le thème qui revient évidemment le plus dans tes morceaux est l’amour. Cependant ce qui fait la différence chez toi c’est ton sens du détail et ta capacité à prendre des points de vues différents à chaque son. Dans quelle situation écris tu tes textes?

J’aime bien passer du temps sur mes textes, revenir sur ce que j’ai écrit auparavant. J’essaie de chercher le détail au maximum en explorant les métaphores et les assonances. J’écris souvent des idées dans mes notes lorsque je suis en dehors de chez moi puis je me creuse la tête afin de donner un résultat original.

Sur ton premier projet nommé Cliché, un morceau a retenu mon attention. Il s’agit de “les paroles”. Tu dit “ABBA, Boy, j’ai du mal à choisir”. Parles-tu de tes difficultés à choisir entre l’amour et la musique ?

A ce moment là je n’étais pas dans cette idée. Je pensais plus à des questions sur mon engagement envers les hommes, à comment je pourrais tenter quelque chose avec eux. Aujourd’hui c’est différent, je parle davantage du côté professionnel de la musique. Je me rends compte que ma carrière peut-être un frein dans ma vie amoureuse.

Ton prochain projet arrive. Peux-tu nous en parler ?

Je pense qu’on peut déjà s’attendre à une meilleure version de mon dernier EP. Ce projet prend une direction artistique plus simple et va moins dans tout les sens que Première Fois. J’ai vraiment voulu recentrer mon délire et être plus cohérente dans l’enchainement de mes pistes. Le projet comportera 9 titres et sortira cette Hiver avec des featurings bien entendu.

Au travers de ta carrière, j’ai ressenti dans tes textes une évolution dans ton caractère. Tu est passé de “gentille fille” à méchante comme tu le soulignes dans “Les paroles”. Je pense aussi à ton morceau “Milano”, très cru. Est-ce que la musique a influencé ton caractère ?

Je pense que c’est principalement le fait que je grandi. Au fil de mes chansons le temps passe, ma vision évolue et j’apprends à prendre beaucoup plus confiance en moi même. Aujourd’hui je me sens beaucoup mieux dans ma peau, et c’est donc plus facile pour moi de dire certaines choses que je n’aurais pas osé transcrire auparavant. C’est aussi les concerts, les festivals et les premiers fans qui m’ont donné confiance. La musique m’aide à m’assumer.

Tu est proche de la radio indépendante “Hotel”. Comment as-tu fait cette connexion?

Un ami à moi gérait certains événements au sein de la radio. J’ai commencé à l’accompagner, puis j’ai fini par rencontrer les membres de l’organisme. Ensuite, j’ai commencé à performer en live différentes chansons. J’aime vraiment ce que fait cette radio, c’est un esprit très familial. Malheureusement avec le covid, les événements sont plus rares et ça fait donc longtemps que je n’ai pas collaboré avec eux.

Pour revenir sur ton écriture, on découvre dans “première fois” de nombreuses métaphores très originales. Celle qui m’a le plus marqué est présente sur “-12°C”. Comment arrive tu as métaphoriser tes sentiments ?

C’est tout simplement plus facile pour moi. Pour ce morceau qui parle de sexe je n’avais pas envie d’explorer la vulgarité. J’écoute beaucoup de choses très explicites mais je préfère rester discrète. Au delà de la facilité, je trouve cela plus drôle. Cela questionne les gens par rapport aux thème de la chanson et ça permet l’interprétation de tous.

Tu viens de Lyon, ville qui ces dernières années a révélé de nombreux phénomènes tel que le collectif Lyonzon. Je trouve que cette ville délivre une liberté artistique comme nul part ailleurs en France. Venir de cette cité relève t’il d’être original ? 

Je me suis posée la question la dernière fois car tous les artistes lyonnais que j’écoute ont un délire différent. Je pense qu’en comparaison avec Paris, notre ville est moins matrixée par une certaine hype. Cela veut dire qu’on est obligé de trouver notre propre délire, de ne se baser sur aucune influence.

Je trouve que ton délire s’emboîte parfaitement avec Luidji. Tu penses collaborer avec lui un jour ?

J’en attendrai beaucoup c’est sûr. Je pense que cela se fera un jour car j’aime sa musique et c’est réciproque. Pour le futur de ma carrière il reste donc dans mes objectifs en terme de collaborations.

Pour finir. Quelle est ton objectif à atteindre en 2021?

Faut que sa pop, tout simplement. 2020 a été hyper difficile pour vendre son projet avec les événements catastrophiques du covid. Pour l’année prochaine j’espère vraiment qu’on va s’étendre, que les gens vont encore plus partager. Je ne pense pas concrètement aux chiffres mais plus à une évolution dans le bon sens.

Malo.H

Hervé Malo
Jeune breton né le 5 mars 2002 à Saint-Nazaire et fan de Kendrick Lamar.

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