Agé de 23 ans, Zed Yun Pavarotti a tout pour plaire et pas grand-chose à envier. Ses influences variées, ainsi que son attirance pour la musique classique, particulièrement pour le ténor Luciano Pavarotti, lui confèrent une identité artistique singulière. Vendredi 9 Octobre, est paru son premier album studio Beauseigne. L’occasion idéale pour nous de lui poser quelques questions.
Dans quel état d’esprit es-tu ? Quelques heures après la sortie du projet ?

Je suis extrêmement soulagé, c’est un poids en moins pour moi. Avant que le projet existe, ce ne sont que des fantasmes et des questions. Aujourd’hui c’est fait, je vais constater, et bien le défendre, mais ça fait beaucoup de bien.

Le nom « Beauseigne » découle d’une volonté d’introspection. Pourquoi cela te paraissait important ?

Oui, j’avais besoin de me rapprocher de qui j’étais pour produire un album qui puisse être sincère au maximum, et qui me ressemble en tout cas. J’ai aussi voulu qu’il soit utile sur le plan intellectuel, me souvenir de certaines choses. Mettre en valeur certains aspects, en faire exister d’autres. Beauseigne s’éloigne des codes de la musique.

En parlant des codes de la musique, j’ai voulu classer cet album dans un genre avant l’interview. Sans succès, je préfère donc te demander, comment le définis-tu ?

C’est un projet de chanson. Il peut y avoir des sous genres, des styles. C’est très teinté Folk, après je m’essaye à toutes les choses qui ont pu me plaire. Les routes qui me faisaient peur, que j’avais besoin d’essayer. Un piano-voix par exemple. Cet album peut être classé dans la variété, mais je le considère encore une fois comme un projet de chanson.

Pochette de l’album Beauseigne
Dans les thèmes qui reviennent, sur cet album mais aussi avant, il y a celui de la fuite du temps. Quel est ton rapport au temps ?

C’est une matière qui change. Le temps peut être une immense prison s’il ne se passe absolument rien. Semé d’ennui, de néant et d’absurdités, le temps peut très vite devenir un calvaire. La quête, c’est faire du temps une chose plus palpable.

On peut remarquer le sens de l’implicite dans ton écriture. Tu laisses au monde au monde sa part d’interprétation, mais le sens premier tu le gardes pour toi ?

C’est absolument ça, j’ai beaucoup de mal avec le langage direct. Je pense que le registre de la chanson n’a pas vocation à être aussi dévoilant, aussi intime. Ma personne n’en regarde aucune, je livre simplement ma musique.

Dans cet album tu te livres, mais j’ai l’impression qu’à travers la forme de l’écriture, encore une fois implicite, tu places comme un voile sur l’intimité. Est-ce volontaire ?

C’est obligatoire pour moi. Pour écrire, je me base sur ce que je vis tous les jours, et cela implique des gens. Je ne peux pas me permettre d’être aussi explicite. J’ai fait le choix d’écrire des chansons sur ma vie. Peut-être que les gens ne veulent pas que je sois trop précis. Je raconte le contexte dans lequel un événement s’inscrit, mais je ne décris pas pour autant cet événement.

Justement, quel est ton rapport aux fans ? Les personnes qui aiment ta musique ?

Je fais de la musique depuis longtemps, c’est une donnée qui fait que la chose est normale. Ça me fait chaud au cœur de le découvrir, et c’est inédit. Après, je savais que ça existait, donc je n’allais pas être submergé par ça. Tu te prépares théoriquement avant, je savais que c’était une chose que j’allais devoir gérer.

Certains morceaux du projet donneraient une énergie particulière sur scène. Est-ce que tu y penses avant de les réaliser ?

Ça m’arrive de plus en plus, mais pas forcément sur la partie chant. C’est plus sur le morceau en général, sa structure. Ma tournée a aussi changé à tout jamais ma vision d’un morceau. La scène c’est le point final. Je suis donc obligé de le considérer, même sans y penser, je l’adapte.

Zed Yun Pavarotti sur scène.
Justement, quel est ton processus créatif ?

Il change en permanence, je n’ai pas de méthode récurrente. Avec Osha, il y a pas mal de morceaux qu’on compose ensemble. Il m’arrive d’enregistrer toutes mes toplines et d’écrire après. Je n’ai vraiment pas de règles. Mais dans tous les cas, il faut que ça parte d’un amusement.

Osha est très présent dans l’ADN du projet. Comment il agit sur la musique ? Quel est son rôle finalement ?

J’ai beaucoup de mal à accepter les conseils, bien que je les écoute en prend compte. Osha a le positionnement parfait, vis-à-vis de qui je suis. Il sait parfaitement trouver sa place, me laisse penser, et me tromper également. Techniquement, il accomplit tout.

Il est donc indispensable ?

Pour moi oui, c’est mon binôme. C’est le mec avec qui j’ai le dialogue le plus fluide au monde je pense, et c’est essentiel.

Il n’y a aucun featuring sur l’album, c’était volontaire ?

Oui, sur l’album je raconte une histoire. Je n’ai pas besoin d’autres personnes pour raconter mon histoire, ce serait hors propos de toutes manières. Après je pourrai en faire à l’avenir dans des mixtapes.

Le morceau Ta Bouche m’a fait penser à Confetti, présent sur ton précédent projet. Quelle est ta vision de l’amour dans ce type de relation ?

Je n’ai pas encore d’avis arrêté là-dessus, il faudrait que j’en parle un spécialiste. C’est un peu en dents de scie. J’ai du mal à me fixer, j’ai aimé très fort, j’ai aussi connu des échecs. Ce n’est jamais une vérité pour moi.

Tu écris « Aide-moi d’amour ». As-tu besoin de cet amour ?

Carrément, c’est indispensable. J’ai envie de croire qu’une vie à deux vaut mieux qu’une vie en étant seul, c’est mon avis.

Zed Yun Pavarotti – Confetti
Et quelle est ta définition du bonheur, si tu en as une ?

Pour moi, c’est essayer d’aller au bout de son projet le plus cinglé, en le faisant avec les gens que tu aimes. Créer de l’amour, être entouré d’amour. Essayer d’aller vers quelque chose qui sera fantastique sur le plan de l’Histoire.

Pour finir, tu pourrais nous parler de tes objectifs ? Comment tu vois la suite de ta carrière ?

Je ne sais vraiment pas, je peux exploser comme disparaitre. Je connais mon but en tout cas, essayer de tout casser. Devenir une référence française, parce que je pense que je travaille suffisamment pour le faire. Si c’est un échec cuisant, je ne me ferai peut-être jamais une raison. Je n’ai pas de prévisions.

Youcef B.

Youcef Benouada
Né le 21 Juin 2002 à Saint-Dié des Vosges

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