Jewel Usain, de son vrai nom Yoann Jeanville, est un rappeur français originaire d’Argenteuil dans le Val-d’Oise. Il se démarque par sa plume, ses thèmes et l’univers qu’il arrive à créer. Nous lui avons posé quelques questions.

Est-ce que tu pourrais te présenter ?

Jewel Usain, je suis rappeur depuis un petit moment quand même, parce que mes premières vidéos remontent à 2011 donc ça date pas mal. Je me définis comme un artiste, du moins je l’espère.

C’est quoi l’actualité de Jewel Usain ?

Là je suis parti pour sortir un projet, je ne peux pas te dire le format. C’est vrai que je n’en ai pas sorti depuis 2018, le dernier c’était Prequel 99

Jewel Usain
Et sinon, comment tu travailles, quel est ton processus de création ?

Et bien ça se base sur le long terme, c’est quelque chose que j’adapte à ma vie tu vois ? Il y a beaucoup d’artistes qui peuvent s’enfermer au studio et produire un album en deux ou trois semaines, des séminaires en fait. Pour ma part, ce n’est pas une chose à laquelle j’ai accès à mon stade de développement. Donc je crée la musique quand je peux, étant donné que je ne suis pas artiste à temps pleins. C’est bien, parce que ça permet d’avoir du recul sur ce que l’on fait.

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Tu es originaire du val d’oise donc le 95, est-ce que tu as écouté ou tu as eu des influences d’artistes de ce département ? Lino ? Sniper ?

Exactement, par exemple là tu cites les SNIPER, c’est l’une des premières formes de rap que j’ai écouté. Comme tout le monde je kiffais la formule, ça rappait. Le petit reggae au refrain également de Blacko. Tunisiano avait des couplets tranchants, une plume incroyable. Et puis j’aimais beaucoup leurs thématiques. Lino j’ai beaucoup moins écouté, même si je suis un fan de sa technique et de son flow.

Jewel Usain, dans le clip “Skateboard”
Et du coup, tu écoutes quoi au quotidien ?

Moi je suis dans le rap de niche, par exemple Furax Barbarossa dont je suis un très très grand fan. J’ai aussi beaucoup écouté Orelsan, Le chant des sirènes c’est un classique, je l’ai saigné. J’aime beaucoup Disiz aussi.

C’est plutôt intéressant que tu me dises ça, parce qu’on peut facilement retrouver une empreinte subtile de Disiz dans ton univers musical, tu ne trouves pas ?

On me l’a souvent dit, j’ai un flow très « parler » tout comme lui, on est plus sur parler que kicker. Tu sais des fois tu écoutes des choses, et ça t’influence involontairement. Disiz c’est toute mon adolescence, même carrément mon enfance.

Tu dis dans un morceau « J’ai taffé ma mixtape comme un ep, j’ai taffé mes ep comme un album, comment tu crois que j’ai taffé l’album ?» Quelle est ta définition subjective de ces trois formats finalement ?

La mixtape pour moi, c’est un projet de jeune chien fou. Tu as plein de morceau, et tu les mets dans un projet sans même savoir s’il existe une cohérence entre eux. C’est toi et ton envie de kicker ! Ensuite vient l’EP, quelque chose de bien plus travaillé et cohérent. Déjà c’est très concis, tu dois aller à l’essentiel. Et en même temps tu te dois de donner une carte de visite. Pour moi c’est inconcevable de sortir un album moyen !

Donc tu vois l’album comme une finalité ?

Exactement c’est ça, fais le comme si c’était le dernier truc que tu livres sur terre, et puis tout ce que tu vas sortir après va etre vu à travers ce premier album

Cette année j’ai l’impression de te voir arriver avec une nouvelle image plus colorée et surtout différente, c’est volontaire ?

Effectivement, c’est vraiment ce que j’ai essayé de faire. J’ai toujours eu l’impression que la musique que je faisais était faite pour me calibrer, pas faite pour que je perce. C’était finalement une esquisse pour le dessin final, qui représente bien mon prochain projet finalement.

Le voyage au Japon a joué un rôle dans ce changement ?

Bien sûr, au niveau des images, des visuels, ça apporte quelque chose. Si on avait fait le clip sur Paname ça n’aurait pas eu le même impact. Je n’était pas aller au Japon pour ça à la base, c’est après que je me suis dit qu’on pouvait faire quelque chose. Je suis très content du résultat en tout cas.

Dans ta musique aujourd’hui tu es capable de freestyler devant une caméra autant que de faire du chant sur une instru plus chill. Comment tu définirais aujourd’hui ta musique ?

Je ne veux pas être juste un rappeur, ça ne m’intéresse pas. Je veux être un artiste, donc je vais surement passer par des chemins « moins rap ».  Donc toucher à d’autres choses, vraiment établir une couleur à moi. Au final, c’est ça qui prime et qui va me démarquer.

Justement dans ta musique, on remarque que les thèmes de l’homme au sens « être humain » prennent beaucoup de place, tout comme le storytelling. Comment tu expliques ça ?

C’est venu naturellement, je suis énormement dans ces questions-là. « Qu’est-ce que l’humain ? » « Pourquoi ? » C’est donc logique que ça se retranscrive dans ma musique. Dit comme ça, ça a l’air d’être scientifique. Mais non, c’est juste que ça me fascine. J’observe beaucoup, je suis amené à le faire. J’ai toujours eu des boulots de vendeur, et tu es toujours face à quelqu’un. Le storytelling c’est encore plus naturel, quand j’écris ça donne ça.

On t’a vu collaboré avec Abou Tall sur le projet « TEL ». Comment s’est faite cette connexion ?

C’est grace à mon réalisateur, Kidhao. Il avait déjà bossé avec Tall sur un shooting, donc c’est eux qui se connaissaient avant. C’est donc lui qui a fait le pont entre nous. L’humain m’a plu, Abou Tall est dans mon délire donc ça a bien marché. D’ailleurs petite anectode, il y a des années j’avais fait la première partie du groupe The Shin Sekai. Donc le groupe composé de Dadju et Abou Tall. J’étais comme un fan, ce jour-là ils ne m’ont pas calculé. Et je suis content que quelques années plus tard, ça se passe comme ça.

Avec qui tu te verrais collaborer dans la scène actuelle ? Que ce soit niveau rap ou beatmaking ?

J’aimerais beaucoup travailler avec Kalash, en plus je suis antillais. Je connaissais déjà en 2006, et je suis content de ce qui lui est arrivé dans la musique. Les autres que j’ai en tête, ça va se faire. J’aimerais juste ne pas spoiler.

Pour finir, tu pourrais nous parler de tes objectifs ?

Mon objectif c’est que mon projet soit intemporel. Qu’on l’écoute en 2020 ou en 2025 et qu’on reconnaisse sa valeur. Faire de la bonne musique. Garder une cohérence, et faire un bon projet. Le reste c’est secondaire.

Youcef B

Youcef Benouada
Né le 21 Juin 2002 à Saint-Dié des Vosges

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