Interview

Jeshi : « Le rappeur dans la luxure, ce n’est pas moi »

A la sortie de son premier album, Jeshi se confie et nous dévoile les secrets de sa création.

JeshiBy Francis Plummer
HYPESOUL

Jeshi est un jeune artiste britannique qui fait beaucoup parler de lui en ce moment. A la sortie de son premier album Universal Credit il revient sur son évolution musical, sur sa participation a la tracklist de la série TOP BOY ; ainsi que sur la création de son projet.


Universal Credit est ton premier projet, mais depuis combien de temps fais-tu de la musique ?

J’ai toujours été dedans, d’une manière ou d’une autre ; je ne pourrais pas même pas dire depuis quand. Si je devais dater je dirais depuis que j’ai 6, 7 ans ; ça a été un long travail et un long processus, pour définir mon univers, et savoir où je voulais vraiment aller.

by Francis Plummer
Quelles sont tes plus grandes inspirations ?

J’ai pas vraiment de nom qui me viennent a l’esprit, je dirais que mon inspiration principale c’est mon expérience, ce que je vis au quotidien et ce qui m’entoure dans les conversations mondaines par exemple. J’ai aussi pris pas mal de temps à me ressourcer dans les rues anglaises, dans ce qui se passe vraiment près de nous, et j’ai tenté dans Universal Credit de peindre la fresque de ce qui m’entoure.

Comment juges-tu ton évolution, ton parcours musical de « Pussy Palace » à cet album ?

La plus grande évolution est dans mon côté introspectif : j’essaye de plus en plus de m’assumer et d’exprimer ce dont je veux vraiment parler. Même si les thématiques sont moins fun que ce que j’ai pu faire dans « Pussy Palace », dans cet album je me confie, et j’essaye de dévoiler.

Il est souvent dit que tu fais partie de cette nouvelle vague de rappeur « narratif » ; est ce que tu juges cela vrai ?

Absolument. Je veux pas être ce rappeur super-cool, ce gars blindé qui se la joue plein de femmes. Pourtant j’adore écouter ce genre de trucs aussi. Mais ce n’est pas moi, j’essaye vraiment d’être honnête et de parler des trucs que je trouve amusant ou non. C’était primordial pour moi à la création de cet album : je voulais de la sincérité.

« Aller un peu plus loin »

Comment décrirais-tu ton projet à un public qui ne te connait pas ?

Je dirais qu’écouter cet album c’est m’écouter moi, moi et ma personnalité et tout ce qui m’entoure, c’est une introduction a moi-même. Ça implique une suite sûrement, mais une suite sous le sens de l’évolution, parce que la vie change et on évolue aussi.

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By Francis Plummer
Quel est la direction artistique de l’album ?

Clairement le but a été de mettre le doigt sur les choses qui font mal, les choses qu’on ne veut pas voir ou qu’on assume pas. Le but du projet était vraiment d’aller dans la profondeur, dans le « deep ».

Qu’attends-tu à la sortie de cet album ?

J’ai eu l’habitude de m’intéresser aux chiffres et aux ventes, tout simplement pour voir si ce que je faisais plaisait, mais je sais que c’est quelque chose de mauvais. On sera jamais vraiment satisfait de ce qu’on a de toute façon. Maintenant mon but c’est vraiment de connecter les gens autour de mes pensées et de ce que je peux produire

Comment s’est passé ta collaboration avec FredWave ?

FredWave est un bon ami, on a beaucoup travaillé ensemble et on co-produit énormément, dès qu’on fait de la musique tout fonctionne, c’était génial de l’avoir encore avec moi là-dessus

Le deuxième son de l’album – « Sick » ; est le son le plus profond, le plus touchant. Qu’en penses-tu ?

Je suis d’accord et bizarrement c’est un des titres qui m’est venu le plus spontanément. L’état dans lequel j’ai rappé le son, était celui dans lequel je me trouvais à cette période. J’étais dans un enfermement, quelque chose d’un peu cyclique, et j’ai voulu le rendre comme je l’ai vécu.

Produire un son pour TOP BOY, ça a été une plus-value ?

Bien sûr, déjà parce que tout le monde connait TOP BOY mais aussi parce que l’histoire se passe chez moi. C’était vraiment cool, d’avoir ma musique sur leur soundtrack. Ça m’a ramené du monde logiquement parce que les gens s’intéressent aussi aux musiques dans ce genre de projet.

Quel est ton son préféré d’Universal Credit ?

Je les aime tous. J’aime beaucoup la fin de l’album, parce qu’elle est plus profonde que le début, mais je les aime tous.

À l’avenir, qu’est-ce qu’on peut attendre de Jeshi ?

L’opposé de ce que je fais actuellement. C’est important pour moi de surprendre tout le monde, donc mieux vaut ne s’attendre à rien…

Interview réalisée par Ewan

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