Interview

Romane, la nouvelle sensation pop/soul

De ses inspirations à son parcours, Romane, la nouvelle sensation Pop/Soul délivre tout sans détour au cours de cette interview.

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HYPESOUL

C’est durant le cadre de la promotion de son premier EP que j’ai pu rencontrer Romane. Une artiste à la voix pleine et riche, à la musicalité envoûtante. Son EP « I Know » témoigne de ses références solides et de son univers propre. De la musique pop, sans être totalement pop. De la soul, mais pas seulement. Je vous propose de découvrir une artiste humble et déterminée, armée de patience et de sa passion, pleine de rêves mais encrée dans la réalité.

Commençons avec ton parcours. J’ai appris que tu as étudié le droit avant de te lancer dans la musique. Quelle(s) réaction(s) as-tu eue(s) de la part de ton entourage à l’annonce de ta carrière dans la musique ?

J’ai fait un an de droit, même si je savais que je voulais faire de la musique. C’était surtout pour faire plaisir à mes parents, et « rentrer dans le moule ». Mais ça ne me passionnait pas. Donc après un an, quand j’ai décidé d’arrêter, cela a été plutôt bien pris. C’était un peu plus compliqué avec mon père. Mais il s’est rendu compte que j’étais suffisamment jeune pour tenter des expériences. Il n’empêche que je l’ai annoncé de manière ferme. Le message était « Je veux faire de la musique, c’est MON choix ». Autrement, ça s’est plutôt bien passé. Dans le fond, ils sont contents de savoir que je fais ce que j’aime.

C’est une bonne nouvelle. Surtout quand on constate le scepticisme autour du milieu de la musique.

C’est vrai. C’est aussi dû à la mentalité de nos parents qui voient la musique non pas comme une carrière, mais davantage comme une passion, voire un hobby. Pour eux on n’en vit pas. Et ils veulent toujours notre bien. Mais pour ma part, le fait d’avoir été soutenue m’a beaucoup motivée à accomplir tout le travail derrière que je fournissais.

Malgré tout, ça demande beaucoup de courage de faire ce choix de carrière et de l’assumer. Donc bravo !

Merci ! Pour être honnête, dans mon cas de figure, c’était soit la musique, soit rien. Donc je n’ai pas eu l’impression que le choix était si difficile. Mais dans l’absolu, c’est vrai que ce n’est pas facile. Du tout d’ailleurs. Mais je savais ce que je voulais faire, donc j’ai tout donné !

Et ça se ressent ! C’est drôle, j’allais justement te demander si tu aurais pu faire un autre parcours que la musique !

En soi, si ce n’était pas la musique, je me serais orientée vers d’autres branches, mais toujours dans le littéraire ou les Sciences Humaines. J’aimais beaucoup l’histoire, au lycée mais aussi à la fac’ ; la géopolitique aussi m’intéresse beaucoup. Mais la musique reste mon premier amour.

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On n’en doute pas ! (rires) J’ai appris que tu as écrit ta toute première chanson en autodidacte. Quand même !

(rires) Alors ça m’est un peu tombé dessus par hasard ! Ma grande sœur avait une guitare, qu’on lui avait offert comme cadeau de Noël. Et comme elle traînait dans la maison, je l’ai prise et j’i commencé à jouer quelques accords. Au départ, je jouais de la guitare à l’envers, donc les accords devaient sonner TRÈS TRÈS faux à l’époque. Mais j’ai commencé comme ça, en jouant et en chantant. Et tout est venu au fur et à mesure. Sacrée histoire !

Ce qui est dingue, reste que tu as joué de la guitare par toi-même !

Alors oui mais même à l’heure actuelle je n’ai pas de grandes capacités à jouer de la guitare. J’ai juste appris à maîtriser les accords nécessaires pour composer des mélodies.

C’est déjà beaucoup ! Pour ma part je sais que la guitare et moi allons nous regarder longtemps ! Et ça montre la musicienne que tu es. Je vais en profiter pour te demander ton évolution musicale, à partir du moment où tu t’es mise à composer avec la guitare.

Alors j’ai commencé autour de sept ou huit ans. C’était donc enfantin bien évidemment. Je parlais de sujets d’une enfant de sept ans. Il n’empêche que j’ai toujours chanté en anglais ! Pour bien écrire, j’allais sur Google Traduction. Et j’ai continué. En effet, je me suis rendu compte qu’écrire des chansons et raconter ma vie à travers elle, était thérapeutique.

Quand j’étais triste, ou même quand j’étais heureuse, je pouvais passer par les chansons pour m’exprimer. Surtout dans les moments où je ne pouvais pas le faire autrement. J’ai continué ainsi au lycée, avec des sujets de plus en plus sérieux. En sachant que depuis que mes treize ans, j’ai en tête de faire de la musique. Je me suis donc mise à envoyer des mails, avec mes maquettes faites sur fond de guitare. J’étais plutôt naïve, je le conçois. Je pensais que c’était un milieu plus accessible. Je me suis vite rendue compte que non, du tout ! (rires)

Après l’obtention de mon bac, et mon année de droit, je me suis trouvée un job pour mettre de l’argent de côté. J’ai pu voyager en Allemagne, à Stuttgart, en 2018. J’ai un cousin basé là-bas qui travaille dans le management de la musique. Il m’a organisé ma première session d’enregistrement en studio. De cette session, est sorti le titre ‘‘I Know’’.

Une fois entièrement travaillé, j’ai envoyé ‘‘I Know’’ et d’autres morceaux à des labels. C’est comme ça que j’ai pu signer avec Un Plan Simple. J’ai pu rencontrer d’autres artistes pour composer, des producteurs également. J’y ai notamment fait la rencontre avec Dan Black, celui qui a composé tout l’EP avec moi.

Et comment tout cela s’est fait avec la pandémie de COVID ? Comment t’a-t-elle affectée ?

La rencontre avec Un Plan Simple s’est faite avant le premier confinement. Donc pour le coup ça a mis les choses en suspens. L’aspect positif est que j’ai pu prendre le temps de faire mon introspection. Et une fois cela fait, j’ai pris le temps avec mon équipe de bien se connaître. Tout du long, je ne souhaitais que ça ne reste qu’une question de temps !

« [Le titre “I Know”] C’est moi, ma petite guitare, dans ma chambre, avant que je ne me lance définitivement. […] C’est ma force tranquille dans le projet. Il aborde l’espoir. Aller de l’avant, se renouveler »

Romane
Comment as-tu réalisé cet EP avec Dan Black ?

Alors vers la fin de l’année 2019 Dan [Black] et moi avions enregistré Fantasy. Deux jours seulement nous ont suffi pour obtenir la maquette. Le premier jour a servi à composer, écrire, enregistrer… Le second jour a, quant à lui, permis de travailler les détails. On l’a gardé jusqu’au début de cette année 2021. Il est sorti en tant que single en février. Immédiatement après, on a enchaîné avec le reste de l’EP. La connexion en soi a été rapide, on s’est très vite entendu sur le plan musical.

J’en profite pour te féliciter pour le million de streams de Fantasy sur Spotify ! Il s’agit quand même de ton premier single !

Merci ! C’est dingue, mais je ne m’en rends pas vraiment compte. Je le vois moins comme un premier single, mais plus comme un premier test. Étant donné que Fantasy est le résultat de ma première connexion avec Dan, ma toute première rencontre avec lui. On s’est juste dit très naturellement qu’on allait le sortir. Je ne m’attendais donc pas du tout à ça ! Mais je ne peux qu’être ravie des retours et motivée pour la suite !

Ce qui est compréhensible. Concernant le morceau “Stop”, à l’oreille il sonne comme un hymne, ralliant et encourageant les femmes. Ai-je vu juste ?

Romane : Stop est le morceau le plus entraînant de l’EP. Je l’ai écrit après avoir ressassé des souvenirs sans arrêt, à la suite d’une déception amoureuse. “Talking to a Wall” également, bien qu’il soit plus orienté sur les sentiments. Mais j’avais besoin de passer à autre chose. D’ailleurs l’écrire m’a beaucoup motivée et libérée d’un poids sur les épaules. Et je vois totalement ce côté girlpower dont tu fais allusion. Effectivement, il a été mon hymne.

En l’écoutant, je ressentais une énergie similaire à « Irreplaceable » de Beyoncé.

C’est pour moi un très beau compliment, parce que j’adore cette chanson ! (rires)

On est deux ! (rires) Sur le morceau “Talking to a Wall”, tu l’as justement décrit comme plus axé sur les sentiments...

Cette chanson pousse la description des sentiments à l’extrême. C’était dans une période plutôt compliquée et j’avais du mal à formuler ce que je ressentais. Au studio, Dan s’est mis à composer la mélodie au piano. Une fois chez moi, je l’avais toujours en tête. J’ai commencé à écrire es paroles directement sur mon téléphone, assez facilement. Presque tout seul. Et une fois de retour au studio, on a retravaillé le tout, pour que les émotions ressortent bien. Le trop-plein était bien réel et devait être retranscrit ! C’est pour cette raison qu’il sonne aussi sombre et fragile.

Je vois mieux ! Et je comprends aussi pourquoi “I Know” est le titre éponyme de ton EP, étant le plus ancien.

Romane : C’est ça ! ‘‘I Know’’ le clin d’œil au commencement dans ma carrière. Il sonne très acoustique. C’est moi, ma petite guitare, dans ma chambre, avant que je ne me lance définitivement. Bon, il y a toujours Dan Black derrière ! Il n’empêche qu’il me correspond beaucoup. Calme, mais avec du rythme. C’est ma force tranquille dans le projet. Enfin il aborde l’espoir. Aller de l’avant, se renouveler. se chercher et se trouver. Il s’agit vraiment du titre qui me tient à cœur. Pour moi, le projet n’aurait pas pu s’appeler autrement.

C’est plus clair maintenant ! Abordons des sujets plus techniques mais hypothétiques sur ta musique. Ca permettrait au lecteur de mieux te comprendre en tant qu’artiste. Si tu étais amenée à remixer tes morceaux, avec qui te verrais-tu collaborer ?

Alors en featuring, je verrais bien Rosalía. Je l’écoute beaucoup en ce moment. Tout comme Baby Keem, le cousin de Kendrick Lamar. J’écoute son dernier album en boucle. Je me languissais pas mal de pouvoir écouter de la musique de Kendrick. Là, j’ai de quoi attendre patiemment. (rires) S’il pouvait avoir une collab’ entre nous, je ne dirais pas non !

On priera toutes les divinités possibles pour que ça se produise ! Sur le projet de quel(le) autre artiste te verrais-tu travailler ?

C’est une très bonne question ! Alors ce n’est pas évident à répondre du tout ! Mais après mûre réflexion, je dirais Leon Bridges. Il a une voix qui me rappelle celles des plus grandes voix soul. Bosser sur un tel projet serait incroyable pour moi.

En plus vos univers musicaux sont totalement compatibles.

Carrément !

Après avoir noté cette question, je m’étais mis à penser à Raphael Saadiq, Solange ou Tyler, The Creator.

Tu vois, quand tu m’as posé la question, les idées ont disparu alors même que ce sont celles que j’ai en tête constamment ! (rires)

Ah je comprends bien ce que c’est ! Là j’ai envie de te demander des producteurs avec qui tu voudrais collaborer.

Pour cette question je te répondrais avec une référence old school. Mais ce serait Timbaland. Le fait de retrouver toutes ses productions pour Aaliyah sur les plateformes de streaming m’a permis de me rendre compte de son talent fou ! J’adore son travail. Si ça peut se faire un jour, je sauterais sur l’occasion ! Ce serait un honneur, il est légendaire.

Le jour où cela arrivera, je ferai moi-même la promotion dans la rue avec des flyers !

Tu m’étonnes ! (rires)

Et pour tes futurs projets, tu te verrais t’essayer à quel(s) genre(s) de musique ?

Je me verrais bien faire du R&B. Même si la soul, le R&B et la pop sont très liées, ils se distinguent tous et le R&B est le genre que j’aimerais bien tenter.

Maintenant que ton projet est sorti, que dirais-tu à la Romane d’il y a 10 ans ?

Il y a 10 ans… Je lui dirais, en un seul mot « Continue », tout simplement.

Et que penses-tu qu’elle te répondrait ?

« Merci » à coup sûr ! (rires)

I Know, l’EP de Romane, est disponible sur toutes les plateformes de streaming.

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